Les INFJ sont-ils faits pour l’art?

Il y a une sorte de controverse sur Internet au sujet de la prédisposition naturelle des INFJ pour l’art. Quand on cherche « carrières pour INFJ », souvent dans la liste proposée figure « artiste ». Il en va de même dans des livres comme « Do what you are », le livre de conseil de carrière préféré de Penelope Trunk.

Pourtant, d’après le site Personnality junkie que je trouve excellent niveau perspicacité et franchement très sérieux, les INFJ devraient éviter une carrière dans l’art, en tout cas l’art visuel. La raison serait que les INFJ avec leur Se en position inférieure seraient attirés naturellement par l’art mais en fin de compte le Se n’étant pas leur force, l’art serait une source de stress.

D’après l’auteur de l’article, Elaine Schallock, les INFJ sont attirés par l’art visuel car il leur permettrait de rendre « réel », matériel une idée produite par leur Ni. Cependant, INFJ s’aperçoit vite qu’il ne peut pas réaliser parfaitement bien ce qu’il a en tete, ce qui, a cause de sa nature perfectionniste, risque de le tourmenter sérieusement. En écrivant cela, l’auteur se base sur sa propre expérience en tant que pâtissière. Elle n’a jamais été satisfaite de ses créations mais les rares fois où ça arrivait l’encourageaient à continuer. Pour elle, c’est une spirale infernale.

Pour moi, c’est un processus normal de création! Personne n’a jamais dit que c’était facile. Qu’on a une idée et qu’on la réalisé parfaitement du premier coup. Je ne retrouve pas qui a dit ça mais souvent le résultat est totalement différent que ce qu’on avait imaginé et c’est tant mieux ! Lisa Congdon parle de courbe en U que son prof d’art lui a expliqué. Dans chaque œuvre, au début tout est beau, puis arrive un moment où tout se casse la figure, rien ne va plus – c’est le bas de la courbe. En ce moment-là il ne faut pas abandonner, il faut remonter doucement la pente. Jusqu’au sommet.

Le perfectionnisme, il me semble, concerne d’autres types de personnalité également. C’est un fléau qui gâche la vie de plein de gens, pas seulement des artistes d’ailleurs. Il s’agit d’apprendre à le gérer au mieux et si possible d’essayer d’abandonner tout idée de perfection. Ce sera difficile et rares y parviendront mais c’est le lot des artistes. On est toujours à la traîne par rapport à nos aspirations. Et c’est ce qui nous pousse à avancer. Bien sûr ce n’est pas drôle tous les jours. Mais, comme le dit si bien Elisabeth Gilbert dans son livre « Comme par magie », si on a choisi cette vie, il vaut mieux apprendre à aimer la m**** qui va avec.

D’après l’auteur de l’article, les INFJ sont fait pour interpréter la réalité (Ni) et non pas la représenter. Leur tentative de l’expliquer comme une interprétation de leur imagination n’est pas valable d’après elle car l’imagination n’est pas la réalité. Son argument est très sensé mais si j’ai envie de m’exprimer à travers l’art, de coucher sur papier mes émotions sous forme visuelle et non pas écrite (comme elle préconise), qui peut m’en empêcher ? Selon Elaine Schallock, en faisant cela, je me fais du mal. Les artistes sont souvent masochistes alors parce que la vie créative n’est pas toujours rose. Mais tellement plus savoureuse.

J’ai l’impression que l’auteur de l’article est focalisée sur une forme d’art visuel qui « embellit la réalité » alors que je sens que, et les commentaires qui suivent son article le prouvent, les INFJ sont plutôt attirés par de l’art allégorique, qui interprète plus qu’il ne montre. On n’est pas là pour produire uniquement de jolies images! On voudrait susciter une émotion, faire réfléchir, influencer le monde. Et on utilise tous les moyens en notre possession qui nous permettent d’atteindre les autres et de nous exprimer.

En tout cas, ce débat me laisse perplexe. J’aime aussi écrire mais souvent je réfléchis en images et je sens que les mots seuls ne me suffisent pas. C’est comme la chanson, il y a les paroles et il y a la musique. La synergie des deux fait toute la magie. Elle renforce le message et décuple l’émotion. C’est pourquoi je ne compte pas abandonner ni l’un ni l’autre.

Cela dit je comprends que le besoin de s’exprimer à travers l’art est tellement fort chez les INFJ qu’en faire son métier ne doit pas être évident. S’exprimer sur commande, ça pourrait être un peu bizarre. C’est stimulant un peu de contrainte pour la création mais les INFJ que nous sommes avons besoin de liberté. Ça peut être frustrant pour les INFJ qui voudraient à tout prix vivre de leur art.

Autre chose, comme les INFJ mettent toute leur âme dans leurs œuvres, la façon dont elles sont reçues est assez cruciale. On veut être compris. Je pense que tout artiste est sensible à la façon dont son œuvre est reçue mais en fonction de la personnalité l’accent n’est pas mis sur la même chose. Pour INFJ, il s’agit de s’armer de patience et d’expliquer un peu mieux (métaphoriquement parlant) ce qu’il voulait dire. Mais j’ai appris aussi qu’il ne faut surtout pas abandonner mais continuer à expliquer, car c’est grâce à ça que nous apprenons qui nous sommes.

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