Que faire quand on a de multiples passions

jazmin-quaynor-97778Qu’ont en commun Léonard de Vinci, Florence Nightingale, Benjamin Franklin, Maya Angelou et la reine Isabelle d’Este ? Toutes ces personnes ont eu des passions multiples dans la vie et ont eu du succès dans plusieurs domaines. 

Si vous êtes comme moi, curieux de nature et touche à tout, vous vous posez peut-être parfois la question : mais où est-ce que ça va me mener? Longtemps, j’ai regretté de ne pas trouver LA PASSION de ma vie qui me permettrait de bâtir une carrière digne de ce nom. Chaque fois qu’une nouvelle activité éveillait mon intérêt, je croyais « ça y est, j’ai trouvé, c’est ce que je veut faire pour le restant de mes jours ». Ça durait quelque temps et puis je commençait à m’ennuyer ou m’intéresser à quelque chose d’autre. Je m’en voulais d’être si peu persévérante et « enfant gâtée ». 

Grâce au livre de Margaret Lobenstine The Renaissance Soul, j’ai découvert que je suis tout à fait normale et me trouve même en très bonne compagnie de personnalité historiques et d’autres très vivantes qui ne savent se contenter d’une seule passion. C’est même un atout, bien qu’un peu oublié : à la Renaissance, une personne accomplie devait maîtriser les arts et les sciences, parler plusieurs langues et se distinguer en plus dans les sports ! 

C’est plutôt flatteur d’être une « âme Renaissance », ça a autrement plus de cachet que « instable » et « gâtée-pourrie ». Voici les caractéristiques de ces personnes, d’après Margaret Lobenstine :

  • L’attirance pour un tas d’activités et la difficulté de choisir 
  • L’envie d’apprendre et, une fois le sujet maîtrisé, l’ennui
  • La peur de se laisser enfermer dans une seule activité pour la vie
  • Des histoires d’amour rapides et sans lendemain avec un tas de hobby
  • Une carrière à succès mais qui laisse insatisfait

Les âmes renaissance sont souvent douées pour beaucoup de choses, elles ont de multiples talents et réussissent plutôt bien dans la vie. Mais si elles ne donnent pas libre cours à leur créativité, elles dépérissent et se sentent malheureuses. Pour moi, la meilleure solution est d’avoir un travail plutôt satisfaisant mais pas trop prenant qui laisse le temps et l’énergie d’exercer d’autres activités à côté. Il y a bien sûr d’autres solutions, certaines personnes réunissent toutes leurs activités en une carrière multiple du genre écrivain/acteur/photographe. À chacun de trouver le design qui lui convient pour sa vie. 

Pour ma part, trop de choses m’intéressent. J’ai envie d’être libre de les essayer sans forcément les transformer en carrière. J’apprécie la liberté de créer pour moi sans avoir à rendre des comptes. Un travail stable permet de ne pas s’inquiéter de son avenir financier, c’est pas évident de créer quand on a faim ou quand on a froid. Mais ce n’est pas toujours facile de combiner un travail à temps plein avec des loisirs multiples. 

Je trouve cependant qu’exercer sa créativité en dehors de son travail influence positivement l’activité professionnelle. C’est comme entraîner un muscle de créativité. On a envie d’être plus créatif dans son métier aussi, et tout le monde est gagnant. Chacun a sa définition de succès professionnel. Pour moi c’est avant tout apprendre et innover, et si je peux le faire dans mon travail, aussi éloigné du domaine créatif qu’il soit, je suis satisfaite. 

Comment faire alors pour s’organiser et pouvoir réaliser ce qu’on veut en dehors de son travail? Margaret Lobenstine propose de choisir 4 activités parmi celles qui nous intéressent sur le moment et s’y consacrer. Passé 4, maxi 5, ça peut être difficile à gérer. Moi je trouve que même avec 4, c’est pas évident. Il faut laisser tomber l’idée de réussir partout rapidement, tout doué qu’on est. On mettra peut-être plus de temps à accompli les choses que quelqu’un qui s’y consacre à temps plein mais on aura réussi quatre choses au final! Rira bien qui rira le dernier. 

Comment choisir quand on ne veut pas choisir?

Et bien, choisir 4 domaines ne veut pas dire renoncer définitivement à tous les autres! On pourra s’y consacrer après. Les personnes impatientes comme moi ont du mal à se rendre compte qu’elles ont du temps pour réussir un tas de choses. Deux stratégies m’ont aidée à surmonter cette appréhension de « manquer » :

  1. Noter par écrit tout ce que j’ai déjà accompli. La liste est vraiment très longue alors que je n’ai que 36 ans. S’il me reste autant d’années à vivre, je vais pouvoir en réaliser autant, si ce n’est plus, car je vais parfois pouvoir m’appuyer sur des connaissances ou des savoirs faire déjà acquis.
  2. Inscrire mes passions dans un calendrier. C’est une stratégie proposée par Barbara Sher dans son livre Refuse to choose qui est bourré de bons conseils pour des personnes aux multiples passions qu’elle appelle Scanners. D’après sa suggestion, j’ai noté tous les projets dans lesquels j’ai envie de m’investir et je les ai ensuite inscrits dans un calendrier sur 6 ans. Et la d’un coup je me suis aperçu que j’avais le temps de tout faire et même à un rythme assez tranquille pour en garder pour plus tard ! 

L’idée derrière tout ça est bien sûr de laisser libre cours à ses multiples talents au lieu de s’enfermer dans une seule activité. Si on est nés avec ces dons, il faut quand même les développer. On ne va pas agir contre nature! Et, de toute façon, si on ne le fait pas, on sera infiniment malheureux. Pas question de se demander: et c’est ça m’a vie, il n’y a que ça alors? Quand on renonce à sa créativité, on ressent forcément un vide à l’intérieur qu’il est de notre devoir de remplir. 

Quand on choisit ses 4 passions (ou un peu plus ou un peu moins), il est important de se fonder sur ce qu’on ressent sur le moment. Il faut choisir ce qui est important au présent quitte à changer d’avis plus tard. Inutile de se poser trop de questions. Il faut se lancer et voir en pratique si ça marche pour ajuster ensuite. Certaines personnes ont un rythme cyclique et reviennent toujours aux mêmes passions. D’autres préfèrent changer de tout au tout. Parfois les passions sont liées entre elles et parfois elles sont très différentes. Souvent, elles sont complémentaires. 

Pour ma part, j’ai quelques passions qui m’ont toujours intéressée comme les langues ou les travaux manuels. D’autres sont venues et sont parties, comme la danse. D’autres ont été découvertes récemment mais se sont installées pour durer comme le yoga et les arts visuels. En ce moment, je jongle entre plusieurs activités qui me semblent complémentaires et j’aime bien pouvoir les alterner. J’aime l’idée de pouvoir exercer mon cerveau mais aussi mes mains. 

Comment s’organiser au quotidien ? 

Je n’ai pas encore trouvé mon organisation idéale pour tout conjuguer sans stress mais j’y travaille. Surtout que les options ne manquent pas. Margaret Lobenstine propose une organisation à la semaine. On regarde son agenda et on identifie des plages libres qui pourraient être avantageusement utilisées pour avancer sur ces 4 projets choisis. 

Mais attention, pas question d’après elle de se fixer un créneau défini pour chaque activité, trop ennuyeux ! Il vaut mieux se demander sur le moment laquelle des activités attire notre attention. Cette méthode présente l’avantage d’offrir une souplesse très bienvenue dans le domaine des loisirs. Cependant, pour ne pas se perdre en route, l’auteure propose de se fixer quand même l’objectif de consacrer un temps à chaque activité dans la semaine. Et si on a du mal à le faire, changer d’activité !

Barbara Sher, quand à elle, évoque plusieurs autres possibilités qu’elle présente sous forme de « modèles de vie » aux appellations inventifs :

  • Le modèle Journée de classe, où on change d’activité toutes les heures, pour les personnes qui s’ennuient vite
  • Le modèle Agent double, où on passe une partie de l’année sur une activité et une partie sur l’autre, comme les enseignants qui peuvent utiliser les vacances d’été pour s’investir sur un autre projet 
  • Le modèle Saisonnier, ou on change d’activité avec les saisons
  • Le modèle À l’inspiration, où on passe autant de temps qu’on veut sur une activité et on passe à une autre quand on en a envie
  • Le modèle Médecin sans frontières à l’instar d’un médecin qui va recevoir dans son cabinet deux jours par semaine, opérer deux autres jours, aller a une conférence une fois par mois et passer deux semaines par un dans un hôpital au Népal à soigner bénévolement des malades. 

Elle aussi donne l’autorisation de changer d’avis ! Les Scanners, comme elle les appelle, peuvent et même doivent pour leur santé mentale, arrêter l’activité qui ne leur apporte plus satisfaction car ça voudrait dire qu’ils ont eu ce qu’ils sont venus chercher. Certains n’ont pas besoin de creuser très loin pour obtenir ce qu’ils veulent: découvrir une nouvelle activité et apprendre quelque chose de nouveau. C’est très libérateur car ça met les accusations d’instabilité de côté. Elle va même plus loin en disant qu’on a le droit de faire de l’activité QUE la partie qui nous intéresse! 

Pour Barbara Sher, certains Scanners gagneraient à se fixer des objectifs. Elle donne l’exemple d’un potier qui aspire à réaliser 1000 pots dans l’année. C’est simple mais efficace. Elle propose de se choisir un objectif ou bien avoir une échéance, même symbolique comme une « soirée d’accomplissement » entre amis où chacun présente ses progrès. 

Que faire quand on n’a pas le temps?

Margaret Lobenstine propose plusieurs solutions pour dégager du temps pour ses activités préférées :

  1. Dire « non » aux tentations. Rester concentré sur ce qu’on a l’intention de faire et ne pas se laisser distraire par une autre activité super intéressante qui se présente. Voilà qui développe une force de caractère !
  2. Identifier parmi ses tâches quotidiennes celles qu’on fait parce qu’on en a envie et celles qu’on fait pour faire plaisir à quelqu’un d’autre. Si la dernière n’apporte aucune satisfaction, pourquoi continuer?
  3. Se dire qu’un peu de temps peut être suffisant. Ça peut être une heure le matin en se levant plus tôt ou une heure le soir juste en rentrant. On peut expliquer à ses proches que c’est un moment pour soi et qu’ils doivent le respecter. 
  4. La règle de « aucune exception ». Toute en gardant une certaine souplesse, on se dit qu’on va continuer quoi qu’il arrive. Par exemple, l’auteur se fixe l’objectif de 4 séances d’écriture par semaine. Elle les repartit en fonction de son emploi du temps. Si elle sait qu’elle a des invités le week-end, elle tend à finir les 4 sessions en semaine. Le fait de continuer est motivant car plus on tient, moins on est tenté de briser la chaîne. 
  5. Être intelligemment multitâche. Il ne s’agit pas d’écrire des poèmes en pliant le linge bien sûr mais de trouver des moyens d’intégrer des activités intéressantes dans son quotidien. Par exemple, profiter d’un déplacement quotidien en transports ou en voiture pour écouter des cd de langue étrangère ou faire sa séance de jogging en écoutant un audiolivre. 
  6. Profiter du temps qu’on a. Ralentir le rythme et arrêter de courir après le temps. Apres tout, on peut envisager le temps autrement que comme un moment qui passe. Chaque minute est suivie d’une autre, c’est comme un porte-monnaie magique qui contient toujours une pièce d’or. Notre compte temps est abondé infailliblement tous les jours. 
  7. Garder du temps pour ne rien faire, traîner et s’amuser. Il ne s’agit pas de se mettre un stress inutile, il faut garder un bon équilibre dans la vie. 

Et où ça va me mener tout ça?

Quoi qu’il arrive, Barbara Sher encourage les Scanners à s’investir à fond au moins dans une activité qui nous tient à cœur. Se donner les moyens et s’y consacrer sans retenue. Parce que nous sommes dotés de vrais talents et nous ne serons jamais satisfaits de notre vie si nous ne les développons pas.

Bien sûr, on a le droit de continuer à avoir d’autres passions. Mais, d’après elle, de temps en temps, on doit avoir un projet qui va aboutir à quelque chose de concret, un livre, une pièce de théâtre, une exposition qu’on pourra offrir au monde comme un cadeau. Une fois l’exploit accompli, on peut retourner à notre mode Scanner et développer de nouveaux centres d’intérêt ou ressortir ceux qu’on a gardé sous le coude. 

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